Actualités du réseau AAMF

La première unité de gaz porté

SAS Méthabraye
Dans le Loir-et-Cher, Méthabraye est une unité de méthanisation mise en service en 2018. Elle collecte les effluents provenant de 34 éleveurs principalement en vaches laitières dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour du site. L’originalité de Méthabraye réside dans le fait que le gaz produit est véhiculé par camion sous forme liquide à 15km sur un second site pour alimenter le réseau de gaz de ville de l’agglomération de Vendôme. Delphine Descamps, éleveuse laitière et présidente de la SAS Méthabraye explique : « La méthanisation nous donner l’image d’une agriculture plus verte. Et on a ce sentiment de créer de la valeur et de participer à notre autonomie énergétique ». La production est de 12 GWh/an, soit la consommation annuelle de 1000 logements ou 47 bus roulant au GNV (Gaz Naturel Véhicule). Il existe un réseau de gaz à Savigny-sur-Braye, où se situe le site de méthanisation, mais il ne correspondait pas à notre production. Notre but était de faire coïncider une production continue avec une consommation discontinue.  Il a fallu beaucoup de temps, d’énergie, de réflexion, de responsabilité, de décisions…, d’où l’intérêt de réfléchir et imaginer cela en groupe, dans un projet de territoire et dans l’objectif de pérenniser nos élevages ». Les agriculteurs de la SAS Méthabraye réfléchissent aujourd’hui à une alternative au portage de gaz par camion pour éviter la liquéfaction. L’alternative serait d’allonger le réseau jusqu’à l’unité de méthanisation.

"Le bilan carbone de nos exploitations agricoles s'améliore grâce à la méthanisation"

Jetza Gaz

Dans le Sundgau, 7 exploitations agricoles produisent ensemble du gaz à partir de leurs effluents d’élevage et de déchets collectés sur leur territoire dont du jus de choucroute. « Hopla Gaz » et « Jetza Gaz », ces noms prêtent à sourire, mais ce sont deux unités collectives de méthanisation gérées par des éleveurs laitiers alsaciens et mises en service fin 2021. « Au départ, le projet prévoyait la construction d’un méthaniseur plus grand, mais nous l’avons scindé en deux unités plus petites pour nous rapprocher géographiquement de nos fermes et éviter les passages de tracteurs dans la ville voisine », explique Vincent Dietemann, président de Jetza Gaz.

Les premières réflexions ont commencé en 2018 et portaient d’abord sur une meilleure utilisation des fumiers et lisiers. Un des membres de Jetza Gaz explique : « Avant, quand nous épandions le fumier dans nos champs, il y avait toujours des odeurs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, avec le digestat qui sort du méthaniseur ».

En plus du digestat, chaque unité de méthanisation produit en moyenne 170 mètres cube de gaz par heure. « Nous pourrions en produire 20% de plus et approvisionner des foyers jusqu’à Mulhouse… Mais les infrastructures ne sont pas encore en place », poursuit Vincent Dietemann. Les deux unités produisent de quoi approvisionner 2800 foyers avec du méthane épuré, puis transformé en gaz de ville par GRDF qui l’injecte ensuite dans le réseau commun.

Comme dans de nombreuses régions françaises, ces projets ont fait peur au départ. Pour faciliter leur acceptabilité, les agriculteurs ont fait le tour des mairies pour expliquer le principe de la méthanisation, répondre aux peurs et critiques. « Nous avons bien expliqué que nous n’utilisons que des déchets et pas des produits alimentaires, c’est un cycle vertueux ». Et Vincent Dietemann de conclure : « Avec les sites de méthanisation, nous avons pu investir dans des matériels spécifiques pour limiter les gaz à effet de serre lors des épandages, le bilan carbone de nos exploitations agricoles se retrouvent ainsi améliorés grâce à méthanisation ».